Le baladi

L'histoire de la danse

 

Les recherches sur la danse et son origine sont assez maigres. À travers le temps, deux hypothèses sur l’origine ont fait surface et sont restées reconnues auprès des Arabes et des connaisseurs italiens. La première hypothèse a été avancée par certaines danseuses égyptiennes professionnelles du 20e siècle: elles affirmaient que la danse du ventre remontait à la civilisation des pharaons. La seconde, affirmée par l'historien Kassim Bayatly, orientait l’origine du baladi vers l’Antique civilisation mésopotamienne. 

 

Dans la première hypothèse, nous nous trouvons face à une affirmation qui fait remonter l’origine de l’actuelle danse à la danse effectuée lors du rituel consacré à la déesse Isis. Se basant sur les image des bas-reliefs, on observe une certaine ressemblance avec la danse actuelle, en particulier dans les positions et les mouvements. Mais c’est plus une conjecture qu’une étude : il s’agit d’une impression et non d’une analyse. 

 

En revanche, la deuxième hypothèse part d’une analyse approfondie des documents de la danse de culte de la civilisation sumérienne ainsi que des arts plastiques mésopotamiens. Il a observé le rite et la pratique consacrée à la déesse-mère et la déesse de l’amour et de la fertilité puis a remarqué les ressemblances. Le langage spatio-temporel n’étant pas très concret, l’origine demeure incertaine venant de ce bord aussi. Il étudie ensuite le contexte du développement des grandes villes du VIIe au XIIIe siècle puis remarque que les contacts et les mélanges entre les cultures locales de l’époque seraient l’origine probable de la danse du ventre. La culture raffinée se développa dans les palais de l’aristocratie arabe: danse hybride née du mariage, l’idée de la figure féminine jumelée avec la musique musulmane de l’époque furent les ingrédients clés qui donnèrent à la création du baladi. Avec le temps, les danseuses se répandirent dans le milieu puis vers la moitié du XVIIIe siècle, à Istanbul, on les voyait dans les bains turcs et les fêtes privées. C’est ainsi que la danse fut reconnue comme étant plutôt provocante. Suite à une longue période de rejet social en raison des troubles qu’elle causait, la chute de l’empire ottoman aurait encouragé l’apparition théâtrale de la danse du ventre. Dansé avec honneur, le baladi a evolué en ce qu’il est aujourd’hui: une danse magnifique et couramment pratiquée par des millions de femmes à travers le monde.

Les mouvements 

 

La danse arabe se base sur cinq types de mouvements: circulaires, sinueux, ondulatoires, saccadés et vibratoires. Il y a quatre niveaux corporels possibles: bas/travail au sol, moyen ou demi-plié, buste fléchi et sur demi-pointe. Le mot clé de la danse est “fluidité.” 

Lors des mouvements circulaires, sinueux et ondulatoires, les hanches, le buste et les bras doivent bouger en suivant la mélodie comme si la musculature et l’ossature n’existait pas. Les bras servent à créer des mouvements de serpent, d’aigle, de grue et à rajouter à l’expression corporelle pour communiquer l’état d’âme. 

On peut remarquer des mouvements saccadés suivant le rythme de la musique qui servent à créer des nuances d’énergie pour capter l’attention du spectateur. 

Les mouvements vibratoires touchent presque tout le corps et sert à poser une certaine délicatesse à la performance: c’est à la danseuse d’utiliser son pouvoir d’improvisation et son talent pour mélanger les différents mouvements de manière à créer une expression spatio-temporelle visuellement plaisante. 

Il est possible d’effectuer des sauts à quelques reprises lors de la danse pour émouvoir le spectateur et rajouter des surprises à la danse.

La technique et le rythme de la danseuse doit être parfaite pour conserver l’intérêt de celui qui regarde la danse, ça ne doit pas avoir l’air catastrophique sinon méthodique et gracieux. 

 

 

 

La symbolique

 

La danse orientale célèbre la sensualité, la maternité, la féminité et la fécondité. Généralement exécutées entre femmes, elles représentaient souvent les efforts et la joie liés à la grossesse. Elle servait également à rendre hommage aux déesses. On sépare les mouvements du corps en quatre: l’air, la terre, l’eau et le feu. L’air se retrouve dans l’haut du corps. Les mouvements proches du sol représentent la terre. Les ondulations représentent l’eau et l’énergie des mouvements vibratoires le feu. Les mouvements du bassin représentent le mouvement des planètes et les mains et les bras servent à recevoir l’énergie divine.

 

 

 

Le costume 

 

Pour effectuer une danse orientale, il est de l’essence que le mouvement corporel de la danseuse soit visible au spectateur. Donc, à cet effet, elle porte une jupe qui arrive aux pieds et qui se tient sur les bas de la hanche. Le ventre est d’habitude visible puis la jupe possède une ceinture ornée de cristaux ou de pièces de monnaie qui accentuent les mouvements des hanches par leur bruit lorsque la femme danse. Elle porte un haut/ une brassière également ornée de cristaux, de perles, de paillettes ou de pièces de monnaie qui accentuent les mouvements du torse. Les bras demeurent nus pour pouvoir bien visualiser l’image que la danseuse souhaite projeter. Le costume entier s’appelle le Bedlah. Comme accessoire, elle a le choix de porter un voile, une canne, des sagattes ou même un candélabre porté sur la tête nommé le Shamadan.