Buchaechum

Les mouvements 

 

Le début de la danse montre toutes les danseuses immobiles, leur éventail posé juste devant leur visage pour cacher leur expression faciale. Une danseuse se révèle et se lève, gesticulant son éventail de manière gracieuse aux alentours de son visage et de son corps. Graduellement, les danseuses à ses côtés se lèvent une par une, donnant l'apparence de femmes qui viennent de se réveiller d'un long sommeil ou d'une fleur venant d'ouvrir ses pétales. Éventuellement, les vingt-quelques danseuses sont levées puis elles commencent à se déplacer à travers la salle. La soliste originale se "perd" pendant que les danseuses costumées de manière identique gesticulent et bougent.

Le Buchaechum est caracterisé par le déplacement en « formation » : ce n'est pas une danse par individu, c'est un travail d'équipe. Cette particularité ammène de grandes possibilités de créativité venant de la part des danseuses. Par exemple, il est arrivé lors d'une représentation que toutes les danseuses descendent les marches (se trouvant directement en-dessous de la scène, devant les spectateurs) puis font une vague dans le but d'immiter l'agitation de l'océan. Il faut beaucoup de pratique pour permettre un spectacle de ce calibre, un spectacle de haut niveau. 

Il y a plusieurs autres combinaisons de mouvements possibles, desfois remplissant la scène de couleur et de motions et desfois rétrecissant et privant les spectateurs d'action, mais dégageant tout de même une "énergie potentielle".  

 

 

 

La symbolique

 

Comme mentionné dans l'histoire de la danse, elle tire ses origines d'une pratique chamanique. Sa beauté réside dans les phénomènes naturels et leur beauté individuelle, partant des costumes et allant jusqu'aux mouvements qu'effectuent les danseuses. Les éventails colorés tels des pétales de fleurs, les formations rappellent des arbres en floraison, des fleurs et des vagues harmonieuses. Cette forme d'art est d'une énorme beauté et est une grande source de fierté pour le peuple coréen. 

 

 

 

Le costume

 

Toutes les danseuses du Buchaechum portent un costume identique. Le costume principal est le dangui , une veste et une jupe avec des manches longues et flottantes et un phénix tissé à l'avant et à l'arrière. Les danseuses tiennent toutes des grands éventails peinturés d'images de fleurs vives et colorées qui aident à intensifier et accentuer les mouvements de la formation. Sur la tête, elles portent un ornement semblable à une couronne qui s'appelle le jokduri, un ornement traditionnel coréen de mariage. 

 

La scène du spectacle est généralement vide et ne possède rien qu'un bon éclairage pour permettre à la chorégraphie de resplendir par elle-même.

L'histoire de la danse

 

Connue comme étant la danse traditionnelle coréenne des éventails, le Buchaechum est une danse folklorique de la Corée. La cour de la dynastie de Joseon est l'origine de la précision de ses mouvements et de son costume. Cette époque, qui a duré sur cinq siècles (de 1392 à 1897) était caractérisée par la sévérité et l'importance de l'hiérarchie sociale. C'est une époque où la Corée se développe et évolue : la religion encore importante, les pratiques traditionnelles chamanes impliquaient la danse pour combattre les esprits dangereux. Lors de l'ère de Joseon, de nombreuses académies et même le ministre officiel du gouvernement coréen encourageaient le développement des danses traditionnelles pour enrichir la culture du pays. Donc, mélangée à la politique, la danse traditionnelle chamane verra le jour et deviendra la danse traditionnelle des éventails, le Buchaechum. Cette dernière est maintenant vue comme un mélange de politique et de religion, qui sert tout de même à exprimer les mouvements de la nature, semblable à la danse chamane dont elle tire ses origines. Aux côtés du Buchaechum, de nombreuses autres danses gagnèrent de l'importance dans le pays à cette époque, par exemple la danse du Fantôme ou le Seung Mu, la danse du moine. La danse se faisait d'abord dans les terrains d'agriculture et les marchés avant de prendre de l'expansion et se trouver dans les cours des généraux corééns importants. 

 

Modernisée par Kim Baek Bong, maître de la danse traditionnelle coréenne, la première représentation publique du buchaechum moderne fut en 1954. Un moment historique dans la culture coréenne fut la représentation de la danse des éventails aux jeux olympiques du Mexique en 1968. C'est à ce moment que la danse devient reconnue mondialement comme une danse de grande beauté. Originaire de la péninsule, sa popularité s'est répandue jusqu'à ce qu'elle devienne aujourd'hui une des danses traditionnelles asiatiques les plus renommées à travers le monde.