Butô

L'histoire de la danse

 

Le butô, aussi connu comme la « Danse des Ténèbres »  est une forme de danse théâtrale issue du mélange d’une variété de style traditionnels japonais et de la danse occidentale (notamment l’expressionnisme allemand). Le nom provient du japonais bu, «danse» et tô, «fouler le sol». Il fait référence aux rituels shintoïstes, la religion traditionnelle du Japon destinée à la communication avec les âmes. La danse apparut au Japon dans les années 1960, suite à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, en réponse aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, dans un esprit de révolte et un désir de renouveau. Sa naissance date d’un spectacle de Tatsumi Hijikata en 1959, intitulé Kinjiki. Ce dernier provoqua un grand scandale et fut assimilée au Japon à un spectacle pornographique. Hijikata s’est inspiré des gestes quotidiens des paysans dans les rizières, des femmes âgées, des prostituées et d’une de ses soeurs handicapés pour les mouvements de son corps. De nos jours, le butô est vu comme une danse moderne d’une esthétique majestueuse et fascinante. 

«Essayer de trouver l’enfant qui est en nous. Beaucoup de choses viennent de l’extérieur, c’est mieux d’essayer d’être vide et à partir de là, de retrouver quelque chose d’intérieur: le sentiment de la nostalgie est la racine du butô. » Kazuo Ohno 

Les mouvements 

 

Le danseur du butô se déplace selon une chorégraphie minimaliste à un rythme très lent voire glaçial, avec un contrôle extrême de ses mouvements. Ils sont d’abord couchés au sol ou assis et déroulent leur corps d’une très grande lenteur. Le visage grimace, les yeux se révulsent, les jambes et les pieds se tournent vers l’intérieur, les doigts sont crispés… Le corps prend des postures grotesques. Il n’y a pas de style fixé au butô, ça dépend du danseur ou de la danseuse. Lors de la danse, le corps du danseur est possédé par l’âme des ancêtres. C’est presqu’un jeu psychologique. 

 

 

La symbolique 

 

La danse, proche d’une performance, n’est pas spectaculaire: il aborde des thématiques universelles. Le butô est une poésie du corps, son minimalisme sa beauté. Elle évoque des sujets tabous et des environnements extrêmes. Elle permet de communiquer avec la terre, les forces cachées, les ténèbres. La danse relie la mort à la vie. Elle célèbre les rites de la vie: la naissance, la douleur, la passion amoureuse, le désespoir et la mort. C’est une danse d’improvisation. Il s’agit d’abandonner les gestes appris pour trouver son mouvement naturel. Il développe la force, la souplesse et l’équilibre tout en procurant l’apaisement des émotions. Le maître mot est patience.

 

 

Le costume 

 

Le corps est souvent nu ou presque nu (que ce soit homme ou femme qui danse) et est peint en blanc ou couvert de farine de riz. Le crâne est rasé.