Tamuré

L'histoire de la danse

 

Le Tamuré est le nom d’un poisson des Tuamotu, une chaîne d’îles de la Polynésie Française. Peu après la Seconde Guerre Mondiale, Louis Martin, un vétéran du Bataiollon du Pacifique, écrivit une chanson reprenant les rythmes traditionnels et utilisant le mot Tamuré comme refrain. Sa popularité fit en sorte que la chanson transmit le nom à la danse. 

 

Le Tamuré est une version moderne de son ancêtre le ‘upa’upa, de nos jours disparu. Les danses traditionnelles polynésiennes étaient vues comme étant sataniques et obscènes par les missionnaires de la London Missionary Society: elles avaient donc longtemps été bannies et interdites lors de la colonisation, ainsi que la plupart de la culture tahitienne. Pendant les années 1800, les danses survivaient en pratiques privées. La célébration de 1880 de la Fête nationale française du 14 juillet permit le retour de festivités traditionnelles, ainsi que leur maintien sous le nom de fêtes du Tiurai. Au début des années 1900, elles se manifestaient publiquement lors des arrivées et des départs de bateaux. En 1956, Madeleine Mou’a mis en place Heiva, le premier groupe de danse. Dans la seconde partie des années 1900, les danses polynésiennes évoluèrent fixèrent des standards ‘traditionnels’ et s’organisèrent en groupes de danse. Les écoles de danse et les groupes commencèrent à organiser des représentations lors des concours de danses, de fêtes publiques et comme attraction touristique avec l’ouverture de l’aéroport Faa’a en 1961. Il y a une séparation qui se crée entre les groupes traditionnels qui veulent conserver les restrictions par rapport aux mouvements, aux chorégraphies, aux musique et au costume et les groupes modernes qui veulent modifier les normes. De nos jours, cette séparation existe encore.

Les mouvements 

 

C’est un duo, où l’homme bat des cuisses dans un mouvement appelé « pa’oti » , qui signifie ciseau en tahitien. Il joint ses talons et fléchit ses genoux qui sont ouverts et serrés dans un mouvement alternatif continu. La femme danseuse roule des hanches, un mouvement créé par ses genoux, car ses pieds et ses épaules doivent demeurer immobiles à l’horizontale. Chaque mouvement des bras et des mains possède une signification symbolique qui accompagne le récit d’une légende. Elle se déplace peu: elle effectue parfois des mouvements latéraux, de haut en bas (elle s’accouprit) tout en maintenant son mouvement de hanches et de genoux.  C’est le danseur qui se déplace autour de sa partenaire car elle est le point focal de la danse.  

 

La danse est accompagnée de percussions jouées sur un cylindre de bois creux frappé à l’aide de baguettes. Le rythme des percussions et le balancement des hanches se succèdent ou même, se lient. 

 

Quoiqu’il se performe habituellement en duo, il peut se danser en groupe et ainsi former un ‘ote’a. 

 

 

 

La symbolique 

 

La danse avait auparavant un but de raconter une légende et de la transmettre de manière artistique et poétique. Le mouvement des bras raconte encore, de nos jours, une histoire. Cependant, celle-ci est rendue une danse qui transmet la culture de Tahiti, démontrant sa beauté et sa splendeur à travers le danseur et ses mouvements. C’est l’incorporation des traditions de danse tahitiennes. Il y a parfois une tension sexuelle entre les partenaires du duo danseur, mais c’est à leur discretion. C’est une danse très joyeuse et entraînante et elle plaît beaucoup aux touristes qui viennent la regarder. 

 

 

Le costume 

 

Semblable aux danseuses dans le film Lilo&Stitch, le Tamuré se danse avec des costumes végétaux, c’est-à-dire des jupes en fibres végétales, et des couronnes faites de plumes ou bien de paille. Les femmes portent des soutiens-gorge fabriqués à partir de noix de coco et les hommes eux demeurent torse nu. Il existe plusieurs autres ornements décoratifs possibles, des bracelets fabriqués de fleurs, des jambiers en paille, des colliers en coquillages, etc.