Le tango argentin

 

L'histoire de la danse

 

Le tango est né au 19e siècle sans aucune datation précise. Le lieu de naissance du tango est beaucoup plus certain: en effet, le rythme tire ses origines du Rio Plata, c’est-à-dire l’estuaire formé par les fleuves Uruguay et Parana. La capitale argentine reste le berceau incontestable du tango qui a pris forme dans les bas quartiers de Buenos Aires, dans un contexte de pauvreté et de misère émotionnelle. A cette époque, on accueille les immigrants européens par bateaux entiers. 

 

Avant d’arriver au tango dansé, on assiste d’abord à la naissance du rythme musical tango. La chanson « la Coqueta » a été la première désignée par le terme tango par la presse argentine en 1866. Désormais, la véritable première chanson à succès sera « El Merengue » dix années plus tard. Sa musique largement influencée par le Candombe (un tambour utilisé par les noirs africains pour être un instrument à percussions), la chanson sera jouée en boucles au carnaval de février  en Argentine en 1876. On peut admettre que le tango restera l’apanage de la communauté afro-argentine. 

 

En tant que danse, l’histoire du tango devient un aller-retour entre la communauté noire et la communauté blanche de Buenos Aires. Les blancs ont apporté les danses de salons européens (le polka, le mazurka) et les noirs reprennent les danses de leurs maîtres en y ajoutant des éléments de leur culture. Plus tard, dans le but de singer les esclaves, les blancs nouveaux immigrés dans le pays déforment la danse concoctée par les noirs. C’est ainsi que les nouveaux pas de danse font leur apparition et constituent peu à peu les figures du tango dansé reconnu aujourd'hui. Dans les lieux perdus de la capitale vers la fin du 19e siècle, les hommes dansent le tango entre eux car les femmes sont peu nombreuses suite à l'immigration massive masculine. Le tango fait lentement son apparition dans les classes sociales plus élevées au cours du 20e siècle grâce à la jeunesse argentine qui importe cette danse dans la société parisienne. Après son adoption dans les plus grands salons parisiens, le tango devient une danse “assez noble” pour investir les meilleurs milieux argentins. Le style connaîtra son apogée au 20e siècle avant de décliner lentement vers les années 1950. 

 

 

 

 

Les mouvements 

 

Le tango est caractérisé par le balancement des jambes de l’avant à l’arrière et de l’arrière à l’avant, dans le sens de la longueur ou le glissement de droite à gauche et de gauche à droite, dans le sens de la largeur. La poitrine de l’homme et celle de la femme se tiennent toujours l’une face à l’autre et ne changent jamais d’axe. La résistance des bras de la femme est grandement importante et une grande docilité et souplesse sont essentielles aussi. Il est impératif de bouger uniquement les jambes sans jamais tourner les hanches ou la taille. Les jambes de la femme s’ajoutent au corps de l’homme, comme une prolongation d’un geste qui ne peut pas s’effectuer sans que l’homme les provoque. L’homme agit, la femme réagit. Elles rebondissent, se tendant ou se détendant: les jambes féminines peuvent plier, pousser ou bloquer pour réagir à la jambe masculine. Au départ de la musique, l’homme peut s’arrêter, réfléchir et la femme demeure gracieuse et patiente avec un pied en l’air qui dessine des jolies arabesques et l’autre pied à terre. Il n’y a pas de chorégraphie fixée à l’avance, l’homme invente des figures. La joue de l’un contre la joue de l’autre, chacun sent la peau de son partenaire. L’haleine mêlée et les yeux fermés, les deux se concentrent pour entendre et ressentir ce que la musique raconte. Même si c’est l’homme qui dirige, c’est la femme qui est mise en valeur tout au long de la danse. Un mouvement classique est le pivot qui permet de composer la figure de “8”, où les pieds de la femmes glissent, effleurant à peine le sol en dessinant un huit. 

 

C’est une danse très élégante et gracieuse et de nos jours : elle est souvent regardée et admirée par des spectateurs pour sa complexité et la passion de ses danseurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le costume 

 

Typiquement des vêtements de couleurs foncées pour intensifier les émotions évoquées par l’intensité de la danse, les partenaires de danses portent un ensemble de vêtements qui se complémentent car c’est une danse à deux. La femme à tendance à porter une robe classique, manche longue optionnelles, qui permet le mouvement complet et libre des jambes. La robe arrive aux genoux et rend visible le déplacement du corps. Elle porte des talons de un pouce et pour ne pas compliquer les interactions avec son partenaire, ses cheveux sont d’habitude lissés et attachés. L’homme, quant à lui, porte un costume très chic et élégant: une chemise boutonnée avec une cravate papillon, des pantalons de couleur foncée qui sont bien ajustés au corps sans y coller. 

Symbolique 

 

Le tango est, selon le parolier Discépolo, «une pensée triste qui se danse». Au moment de son apparition, les principaux thèmes sont la tristesse, la nostalgie, la trahison et l’abandon. Le tango est une plainte de l’âme en peine, une lamentation mélancolique. À travers cette danse, les classes populaires s’extériorisent et oublient les conditions de vie difficiles de l’époque. On parle d’amour par les mouvements et on plaint le destin fatal par les paroles de la musique. C’est une poésie sensuelle, dolente et pénétrante et communique sa peine avec les spectateurs. De nos jours, cette danse est devenue un emblème de l’Argentine, un symbole et une fierté nationale.